jeudi 10 octobre 2013

Des tabous, des non-dits dans la relation parent/enfant

Ces dernière décennies, les relations entre parents et enfants ont considérablement évolué. 
En perdant un peu de leur autorité, en renonçant un peu à cette obéissance aveugle et sans discussion, les parents, en général, sont devenus plus abordables pour leurs enfants. 
C'est une excellente chose. 
On éduque mieux son enfant si on le comprend, on le comprend mieux si il nous livre le fond de son cœur, le fond de sa pensée. Il peut nous parler si il ne sent pas jugé, si il ne craint pas nos réactions. 
Reste qu'il y a quand même encore parfois certains tabous, certains sujets qui nous gênent. 

Par exemple, bien des jeunes parents d'aujourd'hui n'ont jamais eu avec leurs propres parents une conversation ouverte sur la sexualité. Oui, on leur a bien expliqué la contraception, les changements physiques, mais parler du plaisir, de comment ça se passe, tout ça, "ça ne se fait pas". Conséquence : le jeune qui a des questions, il va chercher ses réponses ailleurs, et parfois, au pire endroit ! Le pire endroit il y a 30 ans d'ici était encore très soft comparé au pire endroit d'aujourd'hui ! Quand on sait tout ce qui est facilement accessible aux jeunes, sur tous les supports que cela soit, cela fait peur !
Il est d'autant plus indispensable pour nous, jeunes parents, d'oser aborder ces sujets un peu délicats. Car il est évident qu'à un certain âge, notre jeune se posera des questions. Alors tout ce qu'on pourra espérer, c'est qu'il se sente à l'aise de nous les poser, à nous ! 
A nous de nous préparer à nous sentir à l'aise pour lui répondre !

Un autre sujet parfois difficile, ce sont les "secrets de famille". De nombreuses familles ont leurs zones d'ombre, on préfère le cacher aux enfants "pour ne pas les perturber". Jusqu'à ne jamais dire à un enfant qu'il a été adopté par exemple, ou que son père qui l'élève, n'est pas son père biologique. 
Le problème avec les secrets de famille c'est que de un, tout finit toujours par se savoir. De deux, ce qui n'est pas dit, est quand même ressenti, et si c'est douloureux, cela peut créer un traumatisme qui provoque des symptômes physiques difficiles à expliquer et à soigner ! 

Faut-il tout dire aux enfants et parler de tout ? 

Oui et non. La priorité pour moi, est déjà de répondre à leurs questions. Le plus honnêtement possible, dans des termes adaptés à leur âge. Ne pas avoir peur de dire, je ne sais pas, je vais chercher. 
On ne devrait non plus rien leur cacher sur leur propre histoire : le désir d'enfant, la conception, la grossesse, l'accouchement, la petite enfance. Ils ont besoin de savoir d'où ils viennent, car cela définit en partie qui ils sont. Ce n'est pas obligatoire d'ajouter force détails, mais les grandes lignes, et si ils veulent en savoir plus, ils poseront des questions au moment qui leur conviendra. 
On ne devrait pas non plus leur cacher les choses qui ont de l'influence sur leur quotidien. Si un grand-parent décède, il faudra expliquer la mort, et pas juste dire : il est parti. 
Si leur oncle et leur tante divorcent, il faudra expliquer ce qui se passe, et pas simplement les voir séparément. 
Si papa est très malade, il faudra aussi expliquer. 
Si maman est enceinte, on ne le dira pas à la dernière minute. 

Au quotidien, partager nos émotions, leur permettra aussi d'acquérir le vocabulaire émotionnel qui ouvre la porte à l'intelligence émotionnelle, faculté indispensable pour réussir sa vie. Dire comment on se sent et pourquoi, cela rapproche, cela amène la compréhension et l'empathie. De beaux exemples qu'ils imiteront. 

Doit-on évoquer toutes ses frasques de jeunesse ? Seulement si ils peuvent en tirer une leçon intéressante et seulement aux alentours du même âge. 


Faut-il parler de religion aux enfants ? 

Définitivement oui. Cela fait partie de notre rôle d'éducateur, et encore plus de chrétien, de partager notre foi. Partager, ne signifie pas imposer ! On ne devrait pas prendre de décision à leur place. On ne devrait pas leur forcer la main. Et pour aller jusqu'au bout de la démarche, on devrait même leur donner les bases théoriques pour comprendre les autres religions et courants de pensées ! 

Et quand les enfants grandissent ...?

Nos enfants deviendront adultes. Un jour, bien que moins expérimentés, ils seront du même côté que nous. Ce qui va déterminer la franchise de nos rapports à ce moment-là, c'est notre humilité, notre capacité à nous remettre en question. 
Un enfant réellement adulte saura faire la part des choses entre l'éducation qu'il a reçue, les motivations de ses parents, le résultat obtenu et ce qu'il a découvert à l'extérieur. Si nous, nous sommes capables d'entendre ce qu'il a à nous dire, nous pourrions en sortir grandi. Si il ne dit rien, ne remets rien en cause, c'est probablement qu'il est un peu piégé par l'affectif et qu'il redoute d'être moins aimé, de moins plaire si il dit ce qu'il pense, ce serait très dommage, cela signifierait qu'il n'a pas compris que notre amour pour lui est inconditionnel et qu'il perdurera quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise. 

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