mardi 8 octobre 2013

Education non-violente

Mon premier contact avec la "Communication non violente" je le dois au livre "Cessez d'être gentil, soyez vrai" de Thomas D'Ansembourg. 

On sent qu'il a été avocat, il n'a pas vraiment le sens de la synthèse, de la concision, il se répète, d'un côté c'est pour enfoncer le clou, de l'autre, c'est un peu pénible quand même.

Pourtant, c'est un livre qui a fait date dans ma vie. Il m'a permis de comprendre que l'éducation "traditionnelle" nous apprend très tôt à porter des masques. Dans une relation, quand les deux protagonistes portent un masque, ce n'est plus une relation vraie, profonde épanouissante, non, c'est un bal masqué triste et désolant !

Il évoque les relations "façade à façade" chaque reste en surface, dans le superficiel, le "socialement correct", personne ne se comprend, on se sent seul. 

Il y avait d'ailleurs un schéma très clair à ce sujet qui m'a beaucoup marquée, je vais essayer de le reproduire selon mes souvenirs. 


Ce petit dessin montre que, si chacun reste à la façade, on ne sait pas être proche, on ne peut pas communiquer vraiment. En revanche, si chacun décide de plonger dans son puits, c'est à dire d'écouter ses propres sentiments, alors forcément, on va se rencontrer. 

Pour moi, c'est la base de la communication non violente, être capable de fouiller en soi, pour être capable d'aller vers l'autre, dans une relation vraie et pleine d'empathie. 

J'ai rencontré ce livre, et puis, quelques mois plus tard, j'ai appris que j'étais enceinte. 
Cette découverte a alors pris un sens nouveau. 

Consciente des "méfaits" ou "ratés" de mon éducation, je me suis dit que nous devions trouver un moyen d'éduquer autrement. De communication non violente, je suis alors partie à l'exploration de l'éducation non violente. 

J'avais compris depuis longtemps que les fessées étaient inutiles et ne servaient jamais à rien. Il me fallait convaincre mon mari qui soutenait que, ça dépend du caractère des enfants, il y en a qui comprennent vite, et il y en a qui  ne comprennent rien tant qu'ils n'ont pas reçu une fessée. 

Je ne savais trop que dire, et surtout, je ne savais pas ce qu'on pouvait utiliser comme alternative pour éduquer les enfants, les élever, et ne pas sombrer dans le laxisme et le laisser-faire. 

En creusant davantage le sujet, j'ai compris que la violence éducative ne se résumait pas à des fessées. C'est bien plus un système coercitif global où on utilise à loisir : le chantage affectif, les humiliations, le bâton et la carotte. Il y a aussi les parents inconstants qui fixent les règles en fonction non pas du bénéfice pour l'enfant, mais de leur humeur du moment. Les règles changent ainsi constamment sans que l'enfant puisse comprendre pourquoi, il vit alors dans un climat de profonde injustice et de grande frustration. 

C'est alors que j'ai commencé à fréquenter le post Education Non Violente sur le forum de Magic-Maman. Dans ce post, on trouve les expériences vécues, les petits rappels théoriques, de mamans qui sont "sur le terrain" et qui s'entraident, cherchent des solutions, pour tenter d'appliquer ces principes au quotidien, dans la vraie vie. 

J'ai lu aussi Isabelle Filliozat, et plus précisément "Au cœur des émotions de l'enfant". Ce livre aussi m'a grandement marquée. 

Je l'ai aussi vue et entendue dans des vidéos sur Youtube. Pour moi, c'est un auteur incontournable sur le sujet. 
J'ai aussi d'autres souhaits de lectures comme Gordon, Aletha Solter ... et Dolto. 

Pour moi, l'éducation non violente part de quelques constats assez simples, et pourtant révolutionnaires. 

- Souvent nous interprétons mal les comportements des enfants car nous ne connaissons pas bien leur développement. 

- Les enfants sont des êtres à part entière, différents de nous, ils méritent le plus profond respect. 

- Les enfants ne sont pas mauvais ou difficiles, ils explorent, ils testent, ils sont en proie à de violentes émotions et ont besoin de notre aide pour trouver des repères, des outils pour gérer leurs émotions et se retrouver dans ce monde. 

- Nos enfants apprennent énormément par l'exemple, tout ce que nous souhaitons qu'ils fassent, tous les comportements, les habitudes que nous souhaitons qu'ils prennent, nous devons les vivre nous-même au quotidien. 

- Dire "ne fais pas cela" sera toujours moins efficace que "faisons plutôt ceci". 

Et enfin, quand nous réfléchissons à nos manières d'agir avec nos enfants, n'oublions jamais l'amour et penser à élever, au lieu de penser "dressage". Ce sont des êtres humains que nous aidons à s'épanouir, pas des animaux dont nous attendons une obéissance sans failles. 

6 commentaires:

  1. Vaste sujet que celui-ci ! Je trouve que ton post en donne déjà l'essentiel. D'autres articles plus détaillés dans les tuyaux :) ?

    J'ajouterais aux lectures les livres de Faber et Mazlish "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" qui sont un bon complément pratique (avec Gordon) aux approches plus théoriques de Filliozat ou Dolto.
    Oh, et aussi "J'ai Tout Essayé ! - Opposition, Pleurs Et Crises De Rage : Traverser Sans Dommage La Période De 1 À 5 Ans" de Filliozat.

    PS : Chouette blog, j'en veux encore !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ton commentaire ! Je vais aussi approfondir encore pour écrire d'autres article.

      Supprimer
  2. Je pense à un livre qu'une amie m'a prêté qui devrait t'intéresser, il s'agit de "Elever son enfant autrement" de Catherine Dumonteil-Kremer.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'en ai entendu parlé, d'ailleurs j'ai mis son blog dans mes blogs préférés, son livre est dans mes souhaits de lecture, reste qu'à le trouver !

      Supprimer
  3. C'est vraiment intéressant ce que tu dis sur les masques. C'est vraiment ça, l'éducation "traditionnelle" nous empêche d'être nous-mêmes et nous incite à refouler nos émotions, alors que la véritable éducation devrait permettre à l'enfant de se réaliser, de trouver sa voie, d'assumer ses émotions, d'être pleinement lui-même. Les parents qui portent des masques voudraient que leurs enfants portent à leur tour des masques car s'ils parlent trop à "visage découvert", cela risque de raviver des émotions, des blessures qu'ils ont trop longtemps enfouies et qu'ils ne sont pas encore prêts d'affronter. Je pense comme toi que c'est d'abord en soi qu'on peut trouver un autre moyen d'éduquer nos enfants, en essayant de se mettre à leur place, en se rappelant l'enfant qu'on a été soi-même. C'est ça aussi la parentalité, ça remet sur le tapis les émotions de l'enfance et je pense qu'il faut alors être prêt pour les entendre, les accepter et les accueillir.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis de ton avis. La société nous impose de jouer des rôles, de travestir les émotions pour les rendre "socialement acceptables" cela ne produit pas des gens heureux et sereins, bien au contraire!
      Et c'est clair que devenir parent nous renvoie beaucoup à notre propre enfance ... pas toujours facile, mais enrichissant !

      Supprimer