vendredi 15 novembre 2013

Amour parental et amour fraternel

Il y a une nette différence entre l'amour qui unit une fratrie et l'amour des parents pour leurs enfants !

C'est pas le même amour, mais d'où viennent-ils ? Comment se construisent-ils ? 

L'amour pour ses enfants vient de l'amour qu'on a pour son conjoint, conjoint qu'on aime pour ce qu'il est, qu'on aime parce qu'on le connait. 

L'amour pour l'enfant qu'on attend est un prolongement, un couronnement de l'amour conjugal, il arrive d'office. Il y a beaucoup de naturel, d'évidence, d'instinct dans cet amour. 
  L'amour dans la fratrie se construit au fur et à mesure qu'on partage de bons moments, qu'on se sent complices, compris, complémentaires. Il se tisse au fil du temps. 

Si pour moi, l'amour des parents vis-à-vis de leurs enfants est un peu inné (évidemment en l'absence de traumatismes parentaux et de difficultés autour de l'accouchement), l'amour fraternel se construit au fur et à mesure qu'on s'apprivoise en partageant des activités ensemble.

On ne devrait donc pas exiger de notre aîné qu'il aime son cadet comme nous l'aimons, ce n'est pas son rôle, ce serait irréaliste. Et surtout, si le respect doit s'imposer, on ne peut contraindre à aimer, l'amour étant un sentiment qui provient du coeur !

En dehors de toutes ressemblances physiques, deux enfants sortis du même moule peuvent avoir des caractères très différents, des besoins très différents et ainsi éprouver des difficultés à se comprendre et à intéragir.

Si pour moi, à partir d'un certain âge du plus petit, les parents n'ont plus à jouer les arbitres, ils peuvent néanmoins donner des clés aux enfants, des outils, des méthodes afin qu'ils se comprennent mieux et puissent tisser des relations haronieuses.

L'intelligence émotionnelle s'apprend tout au long de la vie, il est normal que notre "grand" de 6 ans n'en ait pas encore acquis toutes les ficelles, et il est normal que son cadet en plein "terrible two" lui casse les pieds et finissent aussi par le mettre hors de lui.

J'avoue qu'en tant qu'enfant, l'amour qui unit une fratrie, je ne l'ai pas réellement expérimenté, dans ma propre fratrie, il y a du respect, de la cordialité, de la bienveillance, pourtant je ne trouve aujourd'hui rien d'aussi fort que l'amour. Cela viendra peut être un jour.

Pourtant j'ai des connaissances qui sont "en osmose" avec leurs frères et soeurs, c'est beau, cela fait envie, pour autant que chacun trouve sa place dans cette relation et que les deux restent malgré tout autonomes.

Nous avons tous notre caractère et parfois dans une fratrie, il y a de fortes complémentarités, il ne faudrait pourtant pas que les deux soient "inséparables", ou dépendants l'un de l'autre.

Même au sein d'une fratrie, tout en appréciant l'amour de l'autre à sa juste valeur, chacun devrait "se suffire à lui-même".

Et les enfants uniques alors, sont-ils lésés ? La Bible dit : il existe tel compagnon plus attaché qu'un frère !
Ainsi, si nos parents n'ont pas souhaité nous fabriquer un frère de sang, on peut toujours avoir des amis, des cousins avec qui tisser des liens forts, et ce, depuis l'enfance !

Parfois, on peine à s'entendre avec sa fratrie de sang, alors on peut se créer une famille de coeur, les liens deviennent forts quand on se donne la peine de les tisser avec des cordes solides, ils ne sont pas automatiquement plus forts parce qu'on se cotoie quotidiennement !

Combien de gens ne sympathisent jamais avec leurs collègues de travail à côté de qui ils sont pourtant 8h par jour plus de 250 jours par an.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire