lundi 5 mars 2018

Mon chemin en gestion de conflits

Depuis septembre 2017, j'ai l'immense privilège d'avoir été acceptée dans le certificat en gestion positive des conflits interpersonnels de l'Université de Paix à Namur. 

C'est un privilège car nous ne sommes que 20 participants par an à pouvoir bénéficier de cette formation. 

L'intérêt de cette formation est triple. Evidemment le contenu est passionnant, jugez vous-mêmes : 
1°) Comprendre et expérimenter nos attitudes en conflit
2°) Agir sur nos croyances limitantes
3°) Accueillir les émotions et pratiquer l'écoute
4°) Introduction à la Communication Non violente
5°) Pouvoir s'affirmer
6°) Le pouvoir et moi
7°) Pratique de négociation
8°) Être tiers dans un conflit (sur base de techniques de la médiation)
9°) Training

https://www.universitedepaix.org/formations/certificats-longue-duree/certificat-en-gestion-positive-des-conflits-interpersonnels



Le 2e bénéfice se situe au niveau de la qualité des formateurs, ils ont tous atteint un haut niveau de maîtrise de leur sujet, et cela se mesure surtout en savoir être, c'est bien entendu crucial pour ce genre de contenu. 

Et enfin le 3e avantage et non des moindres :  nous ! Les participants, nous avons tous investis dans cette formation, nous sommes tous en chemin pour améliorer nos relations humaines, nous venons tous avec nos histoires, nos attentes, mais aussi notre souhait de construire un monde avec plus de bienveillance, et donc nous nous l'offrons les uns aux autres et cela, c'est une vraie force. 

Nous avons tous des vies bien remplies et parfois éprouvante, la météo du moral qu'on fait le samedi est parfois mitigée, certains vivent des deuils et autres moments difficiles, mais chaque dimanche quand on se retrouve, ceux qui étaient dans le trouble se retrouvent reboostés. 

C'est réellement une formidable aventure humaine, de l'argent bien investi. 

Je ne vais pas partager ici tous les outils que j'ai pu découvrir, je ne voudrais pas tout dévoiler et ainsi vous faire croire qu'il n'est pas utile d'aller en formation car apprendre la théorie sur un outil ne remplacera jamais ce qui se vit en temps réel, avec les formateurs, avec le groupe. 

Je voudrais simplement partager quelques bribes qui occupent souvent mes pensées et ont ainsi permis des améliorations dans mes relations, et ainsi augmenter ma joie de vivre au quotidien. 

La distinction faits - jugements 

Distinguer les faits des jugements est effet capital pour amorcer une discussion sereinement, ou pour formuler une demande claire à son enfant qui laisse trainer ses jouets ou à son collègue qui vous envoie des e-mails avec des notes soulignées en rouge ! 

Si j'écris : "Tu laisses toujours traîner tes affaires partout." ou "J'en ai assez que tu m'infantilises". Vous n'aurez aucun mal à identifier qu'il s'agit de jugements, alors comment les transformer en faits, en observations les plus objectives possibles. 

" Je vois ton manteau sur le sol de l'entrée et ta paire de basket en travers du paillasson." 
" Quand tu écris des remarques soulignées en rouge dans un e-mail j'ai l'impression de recevoir une note de la part de mon institutrice à l'école primaire."  

Cela parait simple comme cela, mais on a tellement l'habitude d'utiliser des adverbes très définitifs (toujours, jamais) ou très imprécis (parfois, souvent) qu'on n'y prête même plus attention. Quand on prend un peu de recul on prend conscience que c'est assez injuste d'infliger de telles évaluations et bien souvent, cela n'apporte pas les résultats souhaités. 

L'écoute et la reformulation

Ecouter est un art difficile quand on est soi-même en prises avec de vives émotions. Pour ma part, je peux admettre que lorsque que ce que dit l'autre vient appuyer sur des points sensibles, je dois faire un énorme effort sur moi-même pour rester dans l'écoute. L'objectif de devoir reformuler (et que donc l'autre fasse des pauses pour me le permettre) m'aide à rester concentrée, à rester dans son monde en essayant tant bien que mal de faire abstraction du mien pour un moment. Ecouter attentivement et le coeur ouvert est un cadeau magnifique. Je pense qu'offrir cette qualité d'écoute est trop rare dans nos vies quotidiennes surbookées, je me surprend bien souvent à n'écouter mon fils que d'une oreille, alors je me ramène à la raison, j'éteins mon écran, je lève les yeux de mon smartphone et je m'applique à l'écouter vraiment. Je repense souvent à cette petite histoire lue sur facebook d'un enfant qui avait expliqué dans sa rédaction qu'il rêvait d'être un smartphone pour recevoir davantage d'attention de la part de ses parents, c'était tellement triste. 

Une reformulation pas en mode "perroquet" mais en synthétisant les points importants montre que l'on a vraiment compris ce que l'autre a dit, et cette compréhension amène souvent un grand soulagement. 

Le cône de disponibilité 



Pouvoir situer où  nous en sommes dans ce cône permet aussi de remettre une discussion à plus tard, ou de mesurer précisément où l'autre en est pour être prêt ce qui est nécessaire pour lui en cet instant. C'est vraiment un formidable outil. Même si on l'utilise mentalement et seul. 

Identification des besoins selon la communication non violente

Les besoins en CNV sont assimilés à des souhaits, des aspirations profondes, ces besoins sont partagés par tous les humains quelque que soit leur âge, leur culture, leur milieu social, et quand on met le doigt sur le besoin réel de l'autre, il se détend et on peut alors vivre une connexion, de cœur à cœur qui vivifie nos relations et colore notre vie. 

Ce qui diffère ce sont les stratégies que chacun adopte pour nourrir ses aspirations profondes, l'intensité de tel ou tel besoin à l'instant T et la personne qu'on rend responsable de combler notre besoin. En CNV, on est conscient que notre besoin nous appartient et que si on peut faire une demande claire à l'autre pour qu'il contribue à le nourrir, il n'y est nullement contraint. 

En guise de conclusion, je dirais que si on parvient à 'écouter attentivement, qu'on vérifie dans quelle mesure l'autre et moi sommes disponibles pour la conversation, qu'on parvient à distinguer les faits des jugements et qu'on discerne les aspirations profondes des uns et des autres, on construit jours après jours des relations saines, authentiques, enrichissantes qui guérissent le monde et propagent des ondes positives. 

"Le meilleur moyen de poursuivre un conflit, 
c'est de chercher qui a raison et qui a commencé". 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire