vendredi 3 octobre 2014

Les terreurs de la cour de récré


Ce n'est un secret pour personne, la cours de récré n'est pas toujours un petit paradis, les enfants sont même parfois très durs entre eux. 

Malheureusement pour les adolescents, depuis que nous vivons à l'ère des réseaux sociaux, les moqueries de la cours de récré continuent aussi la porte de l'école fermée, ceci n'est pas tout à fait mon sujet du jour. 

Mon sujet du jour serait plutôt : pourquoi une relation bourreau/victime peut-elle s'installer entre des enfants et comment s'y prendre pour limiter les dégâts et revenir à des relations plus saines. 

Vaste sujet, n'ayant pas été confrontée au problème en tant que parent, mon expérience est partielle. 

Pour moi, la relation bourreau/victime est une relation défectueuse, et pour qu'une relation existe, il faut être deux. En l'occurrence, selon moi, dans la relation bourreau/victime, les deux personnes sont en souffrance, les deux personnes ont des blessures différentes qui vont s'emboiter comme les pièces d'un puzzle. 

Il y a une citation d'Eleanor Roosevelt qui dit : "Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement." 

Je pense que même face à un bourreau, tout le monde ne deviendra pas une victime, et que face à une victime, tout le monde ne devient pas bourreau. 

Le bourreau de la cour de récré, est souvent un enfant qui contient beaucoup de colère et d'agressivité en lui car il est lui-même victime dans d'autres sphères de sa vie. Le seul moyen pour lui de retrouver un peu de la puissance qu'il n'a pas, c'est d'en prendre sur autrui. Il sait qu'il ne peut pas affronter son propre bourreau, alors il s'en prend à plus vulnérable que lui. Cela ne signifie pas qu'un enfant bourreau est maltraité physiquement ou dévalorisé verbalement, il peut aussi nourrir de la colère face à des parents surprotecteurs qui ne le laissent pas respirer et l'étouffent tout en le privant des occasions de prendre conscience de ses capacités. Un enfant peut aussi nourrir de la colère quand on lui impose trop de frustrations, pas toujours volontairement, ou quand il est sans cesse confronté à des injustices. 

Le besoin d'humilier, de dévaloriser un camarade provient à mon sens, d'une colère refoulée, qui au lieu d'être entendue par la personne qui la cause se déverse petit à petit contre un punching-ball, c'est à dire un être innocent et surtout sans défense. 

Pour ne pas faire de nos enfants des bourreaux, la solution est simple à comprendre, selon moi, nettement moins simple à appliquer au quotidien : apprenons-leur la grammaire des émotions en leur fournissant des outils pour exprimer les leurs sainement, voir les évacuer, via le sport pour se défouler, ou l'EFT (emotional freedom technique) pour ôter une charge émotionnelle trop forte qui nous encombre. 

Si le mécanisme qui fait d'un enfant une victime a des similitudes avec celui qui fait de lui un bourreau, la solution pour éviter cela est la même : apprendre à gérer ses émotions, être capable de prendre du recul par rapport aux relations que nous entretenons, être capable de poser les limites qui garantissent notre intégrité. 

Principalement qu'est-ce qui fait d'un enfant une victime ? Le manque de confiance en soi, un besoin excessif d'être apprécié, le besoin excessif d'éviter le conflit. Et qu'est-ce qui peut causer cela ? Aussi la surprotection, les dévalorisations, les conflits dans la famille, le manque d'amour, d'attention, de compliments, d'encouragements, l'angoisse, la pression de la performance, le perfectionnisme. 

Un enfant qui se sent en paix avec lui même, compris, accepté tel qu'il est, aimé n'aura pas le réflex d'entrer dans des relations de rapport de force avec autrui, il n'en aura pas du tout besoin. Et si quelqu'un lui manque de respect ou tente de le blesser, il aura les moyens pour s'en protéger et se défendre, il pourra identifier que ce comportement n'est pas acceptable et soit régler le problème seul, soit se faire aider. 




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