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lundi 1 septembre 2014

Je t'en veux, je t'aime ou Comment réparer la relation à ses parents d'Isabelle Filliozat

Chose promise, chose due, j'ai terminé ma relecture de ce livre. 

Je ne vais pas en faire un résumé classique, ni vous donner la table des matières, d'autres s'en sont déjà chargé. 



Pour 5,99€ sur amazon, ce n'est pas grand chose vu la qualité de l'ouvrage !

La première chose importante je trouve c'est qu'il y a deux processus distincts qui peuvent être successifs. Le premier est de guérir de notre enfance, cela est dans nos mains, la majorité des gens ont besoin d'un psy pour cela, psy qui jouera le rôle du parent dans ce qui nous a manqué et qui nous rendra capable de nous parenter nous-même au final. Un bon psy nous rend autonome et n'a pas peur de nos parents !

Le deuxième processus implique également nos parents. Guérir son enfance garantit d'avoir les clés de son bonheur présent en mains, c'est déjà un énorme avantage. Après on peut souhaiter avoir enfin une relation nourrissante et harmonieuse avec nos parents, une relation où chacun est authentique, cela demande une réconciliation. Cette deuxième étape est souhaitable pour bien des gens, seulement, chacun est responsable de son bout de la relation, comme le dit Jacques Salomé, si la relation est symbolisée par une écharpe, chacun s'occupe de son bout ... donc les choses ne dépendent pas uniquement de nous. Isabelle Filliozat rassure sur le fait que la majorité des parents acceptent d'écouter leur enfant et que sa démarche de réconciliation est favorablement accueillie, par la suite la relation s'améliore d'un peu à énormément. 

Dans son livre, Isabelle Filliozat explique que la majorité des parents aiment leurs enfants. Pourtant certains, et plus qu'on ne le croit, aimeraient aimer leurs enfants mais n'y parviennent pas. Ils sont encore trop prisonniers de leur propre enfance, et ont tellement honte, se sentent tellement coupable parfois de ne pas parvenir à les aimer qu'ils se taisent et ne trouve aucune aide. Cela engendre de grandes souffrances des deux côtés. 
En tant que société, en tant qu'être humain, si un jour nous percevons une relation parent/enfant en détresse, au lieu de juger ou de détourner les yeux, nous pourrions proposer une écoute bienveillante et de l'aide. Les livres d'Isabelle Filliozat peuvent être très utiles et seront probablement un premier pas, ensuite le parent en difficulté pourra entamer une démarche avec un psy ... Chercher de l'aide demande du courage, regarder les choses en face et admettre qu'on a besoin d'aide aussi et en même temps, c'est tellement important ! L'avenir de notre enfant en dépend. 

Bien sûr, un enfant devenu adulte peut toujours guérir et se réparer plus tard et en même temps, bien des souffrances lui serait épargnées si le parent se sentait autorisé à trouver l'aide adéquate pour devenir la meilleure version de lui-même. 

Quelques citations qui m'on marquées. 

p.50 Derrière une insulte, derrière un jugement, se profilent des blessures, des besoins, des émotions. La plupart des insultes sont des projections (du parent). 

p.75 Les non-dits interdisent à l'enfant de mettre des mots sur certaines de ses émotions. Les secrets le coupent d'une partie de lui-même. Le secret est le plus souvent inutile et a des conséquences désastreuses. 

p.83 L'émotion si violente soit-elle, une fois exprimée libère les tensions et restaure la qualité de la relation.

p.97 Une véritable réconciliation exige l'écoute et la compréhension des deux points de vue. Il n'y a pas de "faute". Il y a des blessures, des manques, des erreurs, de l'ignorance, de la souffrance. 

p.105 La maternité est une expérience complexe. p.106 Elle invite à une transformation à laquelle peu sont préparés. 

p.129 La colère part du centre de soi, repousse l'agresseur à l'extérieur et répare le sentiment d'identité et d'intégrité. ( une personne hors d'elle n'est pas en colère, elle est dans la violence). 

p.133 La colère est un mouvement émotionnel. Elle est à écouter pour ce qu'elle est et non comme une accusation. 

p.135 Si l'enfant est entendu, il se répare. 

p.140 Pour tolérer des sentiments complexes, il faut pouvoir s'aimer suffisamment pour considérer ses erreurs avec tendresse et respect et ne pas être détruit intérieurement par elles. Quand un parent a été jugé par ses propres parents, quand l'amour lui a été donné parcimonieusement et sous condition, il a du mal à se confronter aux erreurs qu'il commet ... tant l'amour (et donc la vie !) risque de lui être retiré. S'il considérait ses erreurs, il ressentirait tant de honte, tant de désespoir de ne pas répondre aux désirs de l'autre que cela lui serait intolérable. 

p.143 Quand la violence physique est considérée comme un outil d'éducation, l'enfant entend que non seulement il n'a pas le droit d'être en colère, mais il n'a pas non plus le droit de se sentir blessé, puisque c'est pour son bien. Non seulement il n'a pas le droit de se rebeller ou de se réparer, mais il doit considérer que ce qui lui fait du mal lui fait du bien ! Ses repères commencent à se mélanger, il peut considérer qu'il sent faux ! Il se coupe de ses ressentis vu qu'on lui envoie le message qu'il ne peut s'y fier. 

p.145 Certains enfants sont élevés dans l'idée qu'ils sont redevables de l'éducationr reçue ! C'est douloureux et tellement injuste. Tout enfant développe spontanément un immense amour et une gratitude éperdue envers ses parents, même en cas de maltraitance. L'exigence de gratitude de certains parents soulignent combien ils ont peu aimé leur enfant. Le parent qui aime est remboursé par les joies du quotidien. S'il s'est privé de ces plaisirs, de cet amour, de ces joies, ce n'est pas la responsabilité de l'enfant. La gratitude ne peut être un devoir. C'est un sentiment qui naît spontanément de la conscience du don de l'autre. 
p.146 L'absence de gratitude spontannée souligne une blessure, un manque, une douleur. 

p.148 Pour supporter en lui l'intensité de ces émotions inexprimables, l'enfant oublie. L'oubli est un mécanisme de défense contre l'irruption d'affects trop violents que personne n'est prêt à entendre. 

p.150 L'oubli permet de continuer à survivre. L'oubli est une protection ... faute de mieux. 

p.157 Sur le plan physique, les émotions non déchargées restent en tension. On oublie trop souvent que les émotions sont physiologiques avant d'être psychologiques. 

p.161 On ne peut changer que ce sur quoi on a pouvoir. Il est donc nécessaire de sortir du rôle de victime dans lequel nous sommes enfermé et de prendre la responsabilité de nos comportements et symptômes. 

p.168 N'avons-nous pas tous à faire un travail de deuil de ce que nous n'avons pas reçu enfant ? 

p.170 Sans pouvoir mettre de mots dessus, l'enfant sent la détresse de ses parents, et il se met au service de leurs besoins émotionnels inconscients. Il se donne pour mission inconsciente de les soulager d'un trop-plein de violence en eux. Il les pousse à bout. 

p.173 Sortir de l'idéalisation, c'est regarder l'autre tel qu'il est dans sa réalité complexe d'être humain et sortir de la relation destructrice de pouvoir. 

p.200 Pour un nourrisson, un parent qui disparaît de sa vue n'existe plus. Ce qui donne facilement dans son esprit : si je suis en colère, (et qu'on me laisse pleurer seul) je tue mes parents. Donc si j'exprime ma colère à mes parents, soit je meurs, soit ils risquent de mourir. 

p.202 Qu'est ce qu'un respect des parents qui consiste à dire "ils ne le supporteraient pas", "ça lui ferait trop mal"? Ce n'est que crainte de ne pas être aimé et difficulté de communication. 

p.203 A condition bien entendu que certaines règles de communication soient respectées, que tout jugement, accusation ou culpabilisation soient bannis, on peut tout dire à ses parents. Parce que plus on se parle, plus on s'aime. 

p.205 L'amour partagé est un bien meilleur pronostic pour la santé que les secrets, culpabilités sourdes et non-dits. 

p.210 Les étapes psychologiques qui mènent à la mâturité : dépendance, contre-dépendance, indépendance, interdépendance. 

p.212 Il n'y a pas de secret, pour devenir soi, il est nécessaire de se soustraire à la domination d'autrui, impératif de dire non à celui dont on est dépendant. Devenir adulte, c'est vérifier que le monde ne s'écroule pas dès qu'on quitte les parents des yeux. J'ai le droit de regarder ailleurs, le droit de ne pas les croire, le droit d'être différent d'eux. Expérience faite, j'ai aussi le droit de choisir mes propres valeurs. 

p.213 La plupart des parents, plutôt que d'encourager l'adolescent dans une opposition constructive, cherchent à le limiter, à l'enfermer, ils augmentent les interdits. 
Un certain nombre d'adolescents ne font même pas de "crise". Ils s'enferment dans leurs études, canalisent leur rage sur leurs cahiers, et font plaisir à leurs parents. 

p.214 Ce ne sont pas les adolescents qui sont ingrats, c'est le métier même de parent ! Pour vivre mieux cette période, il est utile de savoir que, comme lors de l'adolescence - cette période d'opposition systématique sera d'autant plus temporaire qu'elle sera respectée et écoutée, d'autant plus forte et longue qu'elle rencontrera mur d'incompréhension, autoritarisme et culpabilisation. 

p.216 Pour arriver à entendre la voix de l'enfant en soi, il est nécessaire de se soustraire à l'influence parentale. En opposition, on est encore sous emprise. 

p.219 Savoir ce qui s'est passé aide, mais souvent ne suffit pas à guérir. Si les sentiments sont des élaborations mentales et peuvent donc être analysés et dépassés, les émotions ne sont pas des processus psychiques mais physiologiques. Refoulées, elles créent des tensions dans le corps. Les rages, les sanglots les terreurs sont encore là, intacts. En parler ne suffit pas à retrouver la souplesse du corps, à restaurer la respiration des tissus.

Nous pensons rarement que nos rigidités, nos tensions, nos douleurs, peuvent avoir pour origine une émotions réprimée. Accepter la douleur ne signifie pas s'y complaire, c'est au contraire accepter de la regarder comme elle est pour mieux la guérir. 

p.221 Elle doit être accueillie dans un espace d'empathie, de non-jugement, de compassion, d'amour inconditionnel !

p.222 Quand les sages recommandent de s'aimer soi-même, ils n'évoquent pas un culte de l'ego, mais cette empathie profonde envers soi-même, respect de la vie en soi. 
Tant que le travail de colère envers les parents n'a pas été fait, la personne se voit avec leurs yeux. 

p.224 Une fois émotionnellement guéri et donc libéré de tout jugement, nous sommes capable de leur exprimer nos souffrances sans une pointe d'agressivité, de leur dire une saine colère sans les juger, et par la suite, de demander clairement réparation des dommages subis. 

p.230 Une fois les émotions écoutées en thérapie, les jeux de pouvoir de nos parents n'auront plus prise. On ne peut pas se parler de manière authentique quand on a peur des émotions. 

p.231 Nous avons une fâcheuse tendance à estimer la mémoire de nos parents comme plus fiable que la nôtre. Pourtant, la leur a de bonnes raisons de leur faire défaut. D'autre part, elle peut être fortement altérée par le sentiment de culpabilité.   

p.235 Vos parents ne sont pas vos supérieurs, ne les laissez pas vous donner des ordres comme quand vous étiez petits. Ne les laissez pas diriger la relation, surtout si c'est pour le malheur de tous. 
La pitié et la commisération, témoignant d'un sentiment de supériorité, attirent la violence. En revanche, la compassion et la solidarité apaisent les tensions. Pour atteindre cette compassion, ce respect, vous avez besoin d'avoir suffisamment guéri vos blessures. 

p.236 La blessure est en nous, pas en l'autre. C'est en nous que nous avons besoin de guérir. 

p.238 Oeil pour oeil ne fera que rendre le monde aveugle disait Gandhi. La non-violence nécessite davantage d'énergie et de courage que la violence mais elle est tellement plus gratifiante. 

p.239 Une émotions refoulée il y a longtemps s'est chargée de toutes sortes de sentiments qui l'alourdissent. 

p.259 Gandhi disait : la fin est dans les moyens. Les moyens que vous utilisez déterminent vos résultats. Pour être respecté et entendu, il faut respecter et écouter et donc exclure les jugements, l'agressivité, la culpabilisation. 

p.268 La plupart du temps, s'excuser sincèrement et regretter son comportement ne suffit pas, pour apaiser la relation, celui qui a souffert a besoin que l'autre mesure et ressente son vécu. Seule une véritable empathie qui mesure le préjudice infligé, répare la relation. 

p.271 Tout peut être réparé. L'empathie qui mesure le degré de la souffrance est nécessaire et souvent suffisante pour réparer le lien. 

p.274 Si réparer la relation est important pour vous et que votre parent n'est pas favorable au départ, donnez-vous la permission d'insister respectueusement. Se résigner c'est encore accepter la loi de l'autre. 

p.275 N'attendez pas de changement de la part de vos parents. Préoccupez-vous de votre part de responsabilité dans la relation. De votre côté, vous faites ce qui est bon pour vous de faire, vous exprimez ce que vous avez besoin d'exprimer. Leur réaction est de leur responsabilité. Il est important de parler pour vous libérer de la dépendance. Après, la réconciliation n'est pas de votre seul ressort. 

p.294 La rencontre avec les parents ne guérit pas l'enfant. Elle permet de réparer la relation. La guérison de l'enfant lui appartient. 





jeudi 28 août 2014

Les parents, et leurs parents

Devenir parent c'est aussi un peu, passer de l'autre côté du miroir ... 

Et c'est d'autant plus compliqué quand on a pas suffisamment guéri sa propre enfance. 

Je suis en train de relire le livre d'Isabelle Filliozat : Je t'en veux, je t'aime Ou comment réparer la relation à ses parents. 

Je compte consacrer un article entier à ce livre. 

Pour le moment, j'en suis encore à beaucoup réfléchir à la relation avec mes propres parents. 

Il y forcément beaucoup de choses qui me parlent vraiment dans le livre de Filliozat, comme le fait que la relation parent/enfant est en soi très éprouvante car l'un et l'autre évoluant, la relation aussi est amenée à évoluer et pour permettre à une relation d'évoluer harmonieusement, il faut une sacrée sécurité intérieure ! Ce qui n'est pas inné!


Je reste persuadée qu'on ne peut pas être un parent efficace, aidant, 
sans être d'abord un adulte conscient, équilibré, responsable, heureux. 

Je ne parle pas de cette apparence de responsabilité qu'on voit chez des couples qui savent gérer une maison, un budget, une scolarité. Je parle de la responsabilité de tous nos actes, nos comportements, nos attitudes, nos paroles vis à vis de nos enfants. 

Chaque parent a son histoire, elle l'a façonné. Si il ne se comprend pas lui-même, si il ne se connait pas lui-même, si il n'a pas d'empathie, de bonté, de bienveillance envers lui-même, son rôle de parent va en pâtir ! Car oui, on peut donner ce qu'on a pas reçu, seulement cela demande des prises de conscience, de regarder le passé bien en face, tirer une conclusion et chercher les outils nécessaires pour avancer ! 

Cela demande du temps, de l'énergie et surtout du courage car cela nous force à sortir de notre zone de confort, remettre en cause nos croyances sur nous-mêmes et sur nos parents. Croyances qui se sont formées à l'âge tendre, un âge où on n'avait pas toutes les clés pour comprendre réellement, pour prendre du recul. Ces croyances sont parfois très limitantes et nous empoisonnent la vie sans qu'on en ait conscience. Ces croyances n'ont pas été forgées volontairement ni par nous, ni par nos parents, simplement c'est la seule explication que notre cerveau ait trouvé à ce moment-là avec les éléments dont il disposait pour donner un sens et permettre notre survie psychique. 

Exemple : Aujourd'hui un jeune homme de 25 ans peine à s'envoler du nid, peine à garder un emploi, peine à tisser des amitiés et des relations amoureuses solides. Pourquoi ? Parce depuis sa naissance, sa mère fait toujours tout pour lui, le surprotège, anticipe ses moindres désirs (pas seulement ses besoins !). Dès qu'il quitte la maison pour quelques heures, elle le harcèle littéralement sur son portable, elle ne veut pas qu'il apprenne à conduire, trop dangereux ! Elle s'arrange pour l'amener partout et quand elle ne peut vraiment pas, il prend les transports en commun. 
Ce jeune homme, n'a pas la confiance en lui nécessaire pour se lancer dans la vie et aller vers les autres, comme on a toujours tout fait pour lui et amplifié les dangers, il se croit incapable, profondément incapable. Depuis tout petit, il s'est construit la croyance que sans sa mère, il ne peut rien faire, il est complètement dépendant à un âge où il serait normal d'être très autonome. Comme tout petit, il n'avait pas la maturité pour comprendre que sa mère a un besoin presque maladif de se sentir utile, qu'elle est tellement angoissée qu'elle a besoin de tout contrôler, il a donné du sens comme il a pu, construisant une croyance qui le limite encore dans sa vie d'adulte. 
En en prenant conscience et en se donnant des occasions quotidiennes de se sentir capable, il finira par réparer les dommages et prendre son envol. 


C'est bien cela le message encourageant du livre d'Isabelle Filliozat :
 on peut toujours réparer !

J'avoue moi-même avoir des sentiments assez ambivalents vis-à-vis de mes parents, et là aussi je me suis beaucoup retrouvée dans certaines phrases de Filliozat qui évoquent le manque d'authenticité et la superficialité de certaines relations familiales. Certains pensent que parce qu'on est une famille, on ose se dire ce qu'on ressent, ce qu'on souhaiterait ; qu'en famille on se montre nos vrais visages, authentiques. La vérité c'est que bien souvent, on est cantonnés dans des rôles, et sous le couvert de politesse et de respect en fait, on est tétanisé par le risque de perdre l'amour, l'estime, l'admiration de ses proches. 

Communiquer vraiment et de façon non-violente, on ne l'apprend pas à l'école et c'est bien dommage, nos parents non plus ne l'ont pas appris, savent-ils seulement que cette approche existe ? 


Pourtant, quand chacun a peur et porte un masque, cela ne s'appelle pas une relation harmonieuse et nourrissante, cela s'appelle un bal masqué triste et désolant. 

Moins on parvient à se parler de nos émotions, ressentis, plus il y a de malentendus et plus on s'éloigne les uns les autres. 

Pour parler vrai, il faut se connaître, et s'aimer suffisamment, avoir une solide sécurité intérieure. Alors on trouvera le mot juste, le ton juste et l'autre ne se sentira pas agressé, il pourra accepter la responsabilité de ses actes, reconnaître notre vécu et trouver les mots qui répareront la relation. 

On me disait qu'il n'est pas juste d'en vouloir à quelqu'un qui nous blesse par ignorance. Je me disais que tout dépend de la profondeur de la blessure et du passif qu'il y a dans la relation. Ce qui, pour moi, est insupportable c'est de nier le ressenti de l'autre et de le blâmer pour sa réaction contre l'action, les paroles, comportements qu'on a soi-même posé. 

Une petite histoire africaine illustre bien cela, je l'ai déjà évoquée il me semble : celui qui blâme l'éléphant qui a écrasé tout un village ne devrait pas oublier l'aiguillon qui d'abord l'a piqué ! 





Ce pourquoi, pour moi, en vouloir à un enfant devenu adulte de la façon dont il traite et considère ses parents, c'est oublier totalement la façon dont les parents l'ont traité et considéré depuis sa naissance. Si les parents ont laissé un mode de fonctionnement s'installer dans la relation, si même par ignorance, ils lui ont fait du mal, ils ne devraient pas s'étonner du résultat ! 

Blâmer l'enfant est profondément injuste, car la responsabilité de la relation revient au parent ! C'est au parent qu'il incombe de comprendre l'enfant, de combler ses besoins affectifs, de l'aider à se débarrasser de ses défauts, de lui apprendre à gérer ses émotions d'une façon efficace. Tout cela est du ressort du parent et non de l'enfant, blâmer l'enfant c'est refuser sa propre responsabilité et se poser en victime. 

Il est humain de faire des erreurs, la première chose pour arrêter de les répéter et ramener la paix est de les reconnaître et de demander pardon. 

Tant qu'on est persuadé d'avoir agi comme il fallait, en minimisant l'impact de ses erreurs avec des "tu n'en es pas mort", "tous les parents agissent ainsi", "ton frère ne réagit pas comme toi", "je me suis tellement sacrifié, quelle ingratitude!" Aucune harmonie ne prendra place dans la relation. 

Un petit enfant peut comprendre que papa/maman soit fatigué et crie pour un rien sans se forger de croyances négatives sur lui-même pour autant qu'on lui dise : "Ce soir je suis fatigué, en colère, ça n'a rien à avoir avec toi, mais la moindre bêtise de ta part pourrait m'énerver très fort alors s'il te plait, laisse moi en paix." 

Un enfant adulte peut comprendre que son parent a sa propre histoire, ses propres limites pour autant qu'on accueille son ressenti. Il n'est pas question ici de bien et de mal, de raison et de tort, il est question d'accueillir le point de vue de l'autre sans jugement, sans réaction défensive, de se sentir responsable mais pas nécessairement coupable. 

Car si il est normal d'endosser la responsabilité de nos actes, on peut aussi être bienveillant et honnête envers soi-même en admettant qu'à ce moment précis de notre vie, nous n'avions pas les ressources, la maturité, les connaissances, le soutien pour agir autrement. C'est regrettable, et en même temps comme on ne peut changer le passé, on peut juste décider de faire mieux à l'avenir. 

samedi 2 août 2014

Même la fessée doit être réprouvée socialement

Suite à cet excellent billet : http://www.working-mama.fr/working-mama-sinterroge/etre-enfant-et-mourir-sous-les-coups-linfame-constat#comment-4831 

Mes yeux se sont ouverts sur la nécessité absolue de réprouver socialement la fessée et de ne pas la considérer comme acceptable. 



Au départ, je la réprouvais déjà pour ma famille, mais ne voyais pas la nécessité de l'interdire légalement. 

L'article de working mama met parfaitement en lumière le fait que la société considère la fessée comme raisonnable est d'une part totalement injuste, un enfant reçoit ainsi moins de protection qu'une femme ou un chien ... 
et d'autre part, accepter la fessée, c'est ouvrir la voie à d'autres violences plus dures qui peuvent mener à la mort !

Imaginer qu'en France, deux enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents, c'est effroyable. 

Et en même temps, cela ne fait que révéler la violence qui règne dans notre société. Une société où la loi du plus fort est toujours la meilleure. 

Est-ce vraiment ce monde que nous voulons continuer à faire fonctionner ? 

Si nous rêvons d'un monde paisible et serein pour nos enfants, n'est-ce pas à nous de leur montrer l'exemple ? 



Le respect de soi et des autres, s'enseigne avant tout par exemple, c'est de la façon dont nous avons été traité que nous traiterons les autres, sauf si un jour, il y a une prise de conscience. 

Il est temps pour tous les parents qui ne l'ont pas encore fait, de faire le bilan de ce qu'ils ont reçu comme éducation, de se rappeler ce qu'ils ont ressenti, d'analyser les messages reçus, et de voir si objectivement, il n'y a pas des choses à améliorer avec les générations futures. 

J'aime beaucoup la phrase de Gandhi : 

“Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.”  

C'est à mon sens essentiel. Alors c'est vrai que chacun de nous ne sommes que des gouttes d'eau, mais plusieurs gouttes d'eau, cela fait un verre, et plusieurs verres font une bouteille et ainsi de suite ... on finit par ruisseler jusqu'à l'océan ! 

Je suis ravie de constater qu'il y a de plus en plus de blogs sur la parentalité positive, l'éducation non violente qui fleurissent. Cela montre qu'il y a bien un mouvement de fond dans cette direction au sein de notre société, je suis la première à m'en réjouir, et suis ravie d'apporter ma toute petite pierre à cet édifice, car cela me tient hautement à coeur !
Qui sait peut être qu'un jour, je serai assez formée en ces matières pour les enseigner ! Voilà un beau projet à méditer ! 

Maintenant pour ce qui est de la nécessité de légiférer ... je reste perplexe par rapport aux "sanctions". Retirer un enfant à ses parents parce qu'ils lui ont mis des fessées ... cela reste à mon sens démesuré et inapproprié. Par contre, il faudrait rendre obligatoire des stages d'éducation non violente, qui seraient bien sûr payés par l'état. 

Il ne sert pratiquement à rien de dire aux parents "pas de fessées", si on ne propose pas d'autres méthodes, un autre regard sur l'enfant, une meilleure compréhension de ses besoins et de son comportement. 

Notre société devrait proposer des outils aux parents pour prendre conscience de l'importance cruciale de leur rôle et pour les informer sur ce qu'il implique et tout cela bien sûr avec patience et sans jugement ! 

Vaste programme ! 


lundi 21 juillet 2014

Etre maman, et prendre soin de soi

Ces derniers temps, je me sens facilement agacée avec mon fils ... 

Je sais que ce n'est pas lui qui en est responsable. C'est à moi de prendre soin de moi, c'est à moi de prendre en charge mes propres besoins et de les faire respecter. Mêmes mariés, ne formant "qu'une seule chair" nous restons deux personnes distinctes, avec leurs envies, leurs besoins, leurs préoccupations. 

C'est difficile d'être toujours sur la même longueur d'ondes, de changer une habitude quand il n'y a qu'à un membre de la famille qui en a besoin ! 

Beaucoup de mamans parmi celles que j'entends, que je lis, que je vois, ont la même difficulté à prendre du temps pour elles, pour se ressourcer, faire quelque chose, aller quelque part, sans enfant et y prendre plaisir. 



Etre mère est une aventure merveilleuse et en même temps, on ne devrait pas cesser d'être une personne, une femme. 

Il n'est pas bon pour les enfants que toute notre vie, notre bonheur repose sur eux. Nous sommes des exemples que nous le voulions ou non, alors quelle image montrons-nous ? 

Comment pourront-ils s'occuper d'eux-mêmes, si au lieu de les rendre autonomes nous passons tout notre temps à tout faire pour eux ? 

Quel exemple montrons-nous quand nous ne prenons pas soin de nous-même, quand nous nous oublions ? 

Et puis quelle ambiance mettons-nous dans la famille quand nous sommes constamment à bout, sur les nerfs, à fleur de peau ... uniquement parce qu'on n'a pas pris assez de temps pour soi depuis longtemps ? 

Comment pourrait-on être bon pour l'autre, favoriser son estime de lui, sa joie de vivre, si nous ne sommes pas bons avec nous-même et heureux de profiter de la vie ? 

C'est un grand service que nous rendons à nos enfants que de faire ce qui est possible pour que nous soyons heureux. 



Les enfants ont besoin de notre attention, mais surtout de notre réelle disponibilité, être là, mais sur les nerfs, on n'est pas vraiment disponible, on ne donne rien de très bon. Mieux vaut être là un petit moins, mais avec une complète disponibilité de coeur et d'esprit ! 



mercredi 25 juin 2014

Accoucher, les alternatives à l'hôpital

Dans l'imaginaire collectif de beaucoup d'endroits sur terre, accoucher à l'hôpital est la meilleure solution, la plus sûre, la plus adéquate. 

Peu de gens, avant d'être passés par là, imaginent ce qui peut se passer dans les salles de travail et d'accouchement. 

Loin de moi, l'idée de généraliser, j'ai moi-même accouché en plateau technique à la clinique, et si c'était à refaire, je ne changerais rien. 

Cependant, l'OMS a publié une liste des actes médicaux autour de la naissance en les classant en trois catégories : inutiles et potentiellement dangereux, non-souhaitables et à recommander. 

Malheureusement dans beaucoup de maternités, dans le but de contrôler les accouchements à distance (par manque de personnel et de personnel bien formé), on veut que les naissances entrent dans un canevas simple : si il se passe cela, la consigne est de faire ceci dans le but d'obtenir cela ... si on ne l'obtient pas, on cherche un autre moyen ... 

Dans beaucoup de maternités, on ne respecte pas les capacités à accoucher de la mère, on ne travaille pas avec son corps mais contre lui. 

Ce pourquoi bien des naissances qui s'annonçaient tout à fait normalement finissent en césariennes d'urgence !

Loin de moi encore l'idée de bannir les césariennes, seulement, il existe des statistiques détaillées qui montrent qu'il y en a beaucoup trop, et que celles qui n'étaient pas nécessaires ont en effet été induites par le protocole médical imposé par le gynécologue ... 

Devant le peu d'écoute, le manque de prise en compte de leur volonté, bien des femmes, pour les naissances suivantes cherchent des lieux alternatifs, où elles se sentiront plus respectées, et tout autant en sécurité. 

En Belgique, il y a principalement deux alternatives à l'hôpital : la maison de naissance, ou le domicile. 



Les maisons de naissance sont tenues par des sage-femmes, il y a en plusieurs en Belgique, j'ai entendu parler de celles de Namur, Liège et Bruxelles. 

L'optique est ici totalement différente. Les sage-femmes sont compétentes pour les accouchements physiologiques, autrement dit, elles accompagnent la nature, travaillent avec elle, favorise le bon déroulement des naissances pour les femmes en bonne santé, dont le bébé est aussi en bonne santé. 

Les sage-femmes ne sont pas compétentes pour les grossesses à risques. Ces grossesses, potentiellement pathologiques sont suivies par des gynécologues, obligatoirement. 

La maison de naissance doit être un lieu bien équipé, mais surtout chaleureux, où tout sera mis en place pour le confort et la relaxation de la maman. La maison de naissance est un cocon, un lieu de bien-être, un sas entre une vie à 2 et une à 3 ou plus ... 

Le domicile, certains voient cela comme un retour en arrière ... en réalité, ce sont les dérives de l'hôpital qui y ont mené ! 

Pour ma part, si j'ai choisi le plateau technique, c'est d'abord parce que c'était l'alternative qui convenait à ma sage-femme, mais aussi parce que je n'avais aucune envie de gérer toute l'intendance pendant les premiers jours après la naissance, je trouvais ça bien pratique de ne pas avoir de ménage et de cuisine à faire et de pouvoir sonner si j'avais une question ... 

J'ai donc eu, à mon sens, tous les avantages, ceux de la maison et ceux de la clinique : j'étais dans un cocon où on ne nous a pas dérangé, pas d'actes médicaux inutiles, beaucoup de considération, d'encouragements, de l'écoute, du respect et en même temps, pas d'intendance, de ménage et de cuisine à gérer, du personnel aimable et bien formé pour répondre à mes questions. 

C'est donc le must, c'est ce que je souhaite à toutes les mères. 

Le conseil est donc d'étudier soigneusement la question, de visiter les lieux, de rencontrer les intervenants, ainsi on peut se faire une meilleure idée et poser un choix éclairé ! 


lundi 23 juin 2014

Unschooling ou déscolarisation

J'y pense depuis longtemps, j'ai franchi l'étape de m'informer sur les formations Montessori disponibles en Belgique, leur coût, le temps qu'elles prennent ... 



Et j'ai maintenant une amie institutrice de formation qui serait également intéressée, on se sent moins seule. 

Je continue donc à rêver à ce projet et à m'informer ... certainement que dans quelques temps je commencerai à bricoler mon premier matériel et à lire davantage Maria Montessori. 

Mon mari et moi sommes arrivés à la conclusion que dans un premier temps, la meilleure solution serait que je puisse enseigner dans une école Montessori, afin de m'aguerrir et parce que je ne refuse pas que mon fils soit scolarisé, je souhaite juste que cela se fasse dans de bonnes conditions. 

Apprendre au départ est un plaisir pour le tout petit, et cela doit le rester, c'est cela mon but ! 

Apprendre doit se faire en respectant le rythme et les intérêts de l'enfant, apprendre ne doit pas être une compétition, ne doit pas être fait sous la pression, ne doit pas être une corvée. 

Apprendre doit être un bonheur sans cesse renouvelé, apprendre doit pousser à aller de l'avant, à aller vers les autres, à se concentrer, à vouloir maîtriser l'un ou l'autre sujets à la fois. 

Je refuse qu'on formate l'esprit de mon fils, qu'on lui inculque la médiocrité, obéir, rester dans le rang. Je souhaite au contraire qu'on stimule sa créativité, qu'on lui permette d'exploiter ses intelligences multiples, tous ses potentiels !

Nos enfants sont bien plus intelligents que ce qu'on pense et l'école ne leur permet pas d'exploiter toutes leurs possibilités c'est son plus grand tort. 

L'école d'aujourd'hui fabrique de gentils petits consommateurs presque incapables de réfléchir, des gens qui vont faire fonctionner le système au lieu de le réinventer ... 

Sauf que l'humanité aujourd'hui court à sa destruction, si nous voulons que la vie soit encore possible sur cette planète, en dehors de croire en Dieu, la seule solution est de réinventer la société, lui donner d'autres valeurs. Promouvoir un épanouissement autre que la belle maison, la belle voiture et les vacances au bout du monde 4 fois par an ! 

L'avenir de l'humanité sera dans le retour à la terre, le retour à la solidarité, ou ne sera pas. 

Et si pour aboutir à cet objectif, nous avions besoin de réformer totalement l'apprentissage, l'instruction, l'éducation ? 

On n'obtient jamais un résultat différent si on suit toujours le même processus !

Si on souhaite que nos enfants réfléchissent, on ne doit pas les formater, si on souhaite que nos enfants inventent des solutions ingénieuses pour les grands problèmes que nous et nos ancêtres avons créés, ils ont besoin d'avoir accès à tous leurs potentiels ! 

mardi 17 juin 2014

Les enfants dans l'espace public

L'auteure du blog les questions composent s'interrogeait récemment sur la place faîte aux enfants dans l'espace public. 

Il y a des endroits qui leur sont spécialement dédiés : les plaines de jeux, les café-poussette, les crèches ... 

On a pensé les nouveaux trams bruxellois pour que les poussettes puissent y entrer facilement, pareil pour les bus ... 

C'est une bonne chose, les enfants sont là, les parents doivent bouger, il faut que leurs petits puissent les accompagner, en maximisant le confort de chacun : les parents, les enfants et aussi les autres passagers. 




Je parlais récemment avec la propriétaire d'un café poussette qui me disait participer à un projet pour sensibiliser tous les restaurants, bars et cafés au fait de proposer des tables à langer et autres commodités qui leur permettraient d'obtenir un "label" ici on aime les bébés. 

Je constate pour ma part qu'il y a souvent des chaises hautes dans les restaurants, les quick et autre mcdo ont des aires de jeux, ils visent un public familial ... 

Devenir parent ne devrait pas nous obliger à renoncer à la vie sociale ! 

A quand des mini-crèches à côté des cinémas, des théâtres, des musées et autres entreprises pour faciliter la vie des parents ? 

Il y a d'énormes besoins particulièrement à Bruxelles ! Il me semble que pour une entreprise de plus de 100 travailleurs, la législation devrait obliger à penser à une crèche ! Cela créerait de l'emploi et faciliterait l'équilibre vie-privée /vie-professionnelle des parents. Cela favoriserait l'allaitement ... 

Les enfants d'aujourd'hui sont les adultes de demain, ils ont besoin de soin, d'attention, ils ont besoin de voir leurs parents continuer à s'épanouir dans leur vie propre, tout en y ayant une bonne place, une place pratique ... 

A quand le congé parental pendant un an complet pour les pères et les mères ? 

Élever un enfant est une tâche gratifiante sur le long terme, une tâche cruciale,il s'agit du bonheur de l'humanité, ce n'est pas un enjeu de seconde classe. Une société qui se veut "civilisée", une société qui se dit "moderne", ne devrait pas oublier que nous restons des êtres d'émotions, d'instinct et que cela fait le sel de la vie, sa beauté, cela lui donne son goût. 

Cela mérite le plus grand respect, la considération, le temps. 

Sinon, il y a aussi l'idée de l'allocation universelle. Chaque personne majeure devrait recevoir une allocation qui lui permette de vivre décemment. Peu importe son âge, sa santé, sa formation ... 

Il ne devrait pas, dans une société soucieuse de justice, avoir des écarts de l'ordre de un à 400 entre le plus bas salaire et le plus haut au sein de la même entreprise. Quel exemple montrons-nous à nos enfants ? 

Est-ce acceptable que certains démarrent dans la vie en mangeant mal, s'habillant mal, aillant froid ? Alors que d'autres ont tellement de biens qu'ils ne savent comment les user ? 


Je ne me raccroche à aucune idéologie politique, sauf peut être la théocratie, ... 

Je suis pour la justice, la décence, le respect de la vie de sa conception à son ultime instant. 

La façon dont une société traite ses enfants et ses vieillards est très révélatrice des valeurs qu'elle défend, quand on est pas encore "productif" ou qu'on ne l'est plus, comment sommes-nous traités ? 

Sommes-nous solidaires ? Conscients des richesses, des sagesses de chacun ? Sommes-nous prêts à penser au bien commun et pas uniquement à notre intérêt personnel ? 
Sommes nous prêts à refuser la violence et à régler des conflits sans perdants ? 

Avons-nous encore un peu d'humanité à transmettre à nos rejetons ou sommes nous définitivement devenus de vulgaires consommateurs qui mourrons plus jeunes et plus malades que leurs grands-parents ? 

mercredi 11 juin 2014

La vie sexuelle des jeunes parents

Autant le dire tout de suite, entre les nuits sans sommeil ou presque, les multiples occupations qui prennent le temps qui reste, si tous les couples connaissent une période d'intense activité, cette période est définitivement révolue pour les jeunes parents. 

Déjà, du côté des femmes, le corps a changé, il faut se le réapproprier, se trouver attirante avec quelques kg en trop, ce n'est pas donné à tout le monde, cela prend un peu de temps. 

Et puis il y a l'allaitement, disons que c'est un lien très spécial, il se joue quelque chose au niveau des hormones, du bien-être, et cette proximité permet de nombreux moments de tendresse avec ce nouvel être. Parfois, quand on a de la chance, le papa aussi vient nous enlacer et on partage cette tendresse tous ensemble, faisant passer l'aspect sexuel des étreintes au second plan, si ce n'est carrément aux oubliettes, pour un moment ... 

Et puis il y a le cododo, ça évidemment, tout le monde n'est pas friand des extases au 7e ciel à côté de bébé tout juste endormi ... C'est là qu'on est content d'avoir plusieurs chambres, et plusieurs lits. 

Faut-il s'inquiéter de ce changement ? Le déplorer ? 

Dans la vie il y a un temps pour tout, il est normal que la vie sexuelle traverse différents états avec des moments plus intenses, d'autres plus calmes. Ce qui va permettre au couple de maintenir l'amour, c'est d'en parler, c'est de concilier les désirs des uns et des autres avec cette nouvelle vie, ce nouveau rythme. 

Parfois, la fréquence diminue, l'intensité augmente, du manque naît le désir.  

Et puis les enfants grandissent si vite, ils font leurs nuits, ils dorment dans leur chambre, on a rien vu venir qu'ils ne veulent plus qu'on entre dans leur domaine, pour cause d'adolescence, et là c'est eux qui commencent à s'intéresser à la chose. 




Comme pour tout ce qui concerne l'éducation des enfants, en ce qui concerne la vie sexuelle des jeunes parents non plus il n'y a pas de règles. Il ne faut surtout pas s'en laisser dicter à coup de phrases terrifiantes du style : "si tu ne passes pas à la casserole 6 semaines après l'accouchement, fais gaffe, ton mec ira se consoler ailleurs ... " ou encore "faut bien reprendre un jour, si on attend trop on a plus jamais envie, alors pourquoi prendre le risque ?" et puis aussi : "fais tous tes enfants avec de petits écarts d'âge, comme ça tu sors des couches et des biberons une fois pour toute". 

Un couple n'est pas l'autre, un état de fatigue n'est pas l'autre, un désir n'est pas l'autre. De mon point de vue, je ne dirais pas qu'il est important de reprendre rapidement une vie sexuelle "comme autrefois". D'ailleurs, je ne pense pas que cela puisse être comme autrefois. Concevoir un enfant ensemble, l'accueillir dans notre vie, s'émerveiller devant le fruit de notre amour, cela modifie irrémédiablement le lien qui unit un homme et une femme, et si le lien est modifié, forcément la sexualité sera différente, pas moins bien, pas obligatoirement meilleure, mais différente, oserais-je dire, plus profonde, au sens émotionnel du terme. 

Avoir un enfant ensemble cela nous lie d'une façon unique et cela donne à la sexualité une dimension tout autre que le pur plaisir. On a la preuve incontestable que ce plaisir peut aboutir à quelque chose de très concret, qui bouleverse notre vie, qui lui donne un nouveau poids, qui nous oblige à nous dépasser, à devenir meilleur, à grandir. 

La vie est sacrée, l'amour est sacré, le sexe est sacré, accoucher est sacré et tout cela on en prend réellement conscience que lorsqu'on est devenu parents. 

Ce qui est primordial dans la vie des jeunes parents, ce n'est pas de reprendre rapidement une vie sexuelle. Ce qui est primordial, c'est de faire de la place à leur couple. Le couple doit continuer à exister en dehors des responsabilités parentales. Il faut du temps pour être à deux. 

Quand on est jeunes parents, du temps à deux, on en a pas beaucoup. Pourtant, les enfants sont heureux quand ils sentent leurs parents heureux ensemble, les enfants sont rassurés quand ils sentent que leurs parents s'aiment profondément pour l'homme et la femme qu'ils sont et pas parce qu'ils sont parents ensemble.  

Donner du temps à son couple c'est donc une manière de préserver le bonheur à long terme de ses enfants. Car si on tarde trop, un jour il peut être trop tard, des gens qui restent ensemble pour assumer leur responsabilité de parents tout en ayant plus aucun bonheur à partager ensemble, cela donne aux enfants une image déplorable du couple, qui les marque à vie, et un divorce est tout aussi traumatisant quand on a 5 ans ou 25 ans ... 

Je suis encore une jeune mère, à 19 mois, j'allaite toujours et je peine à faire dormir mon fils dans son lit. Depuis sa naissance, je n'ai jamais perdu l'envie de temps à deux, ni le besoin de temps pour moi. Entre l'envie, le besoin, et la réalité, il faut jongler. Il y a une amie avec qui j'ai pris rendez-vous 4 fois avant qu'on parvienne effectivement à se voir. 

Trouver du temps seule avec mon homme, cela relève plus ou moins du même parcours du combattant, pourtant je ne suis pas du tout du tout prête à renoncer, cela parce que j'ai choisis un homme pour partager ma vie et pas un homme pour me faire des enfants. 

J'ai toujours su que j'étais faite pour le mariage, par contre, le désir d'être mère n'est venu que plus tard. 

La seule chose que les jeunes parents ont à retenir de cet article c'est, le sexe, il peut être mis entre parenthèses autant de temps que cela vous convient à vous deux, par contre, le temps à deux est aussi indispensable que l'air qu'on respire, même si c'est peu, c'est toujours ça ! 

lundi 9 juin 2014

Conférence d'Isabelle Filliozat à St Gilles


Ce 8 mai est une date que j'avais assignée dans mon agenda, des mois à l'avance ! 

Et oui, j'avais même payé la réservation d'avance pour être sûre qu'on y soit ! Chéri a eu un autre projet en dernière minute, je suis arrivée en retard, mais quand même, le petit et moi étions là. 

Soit dit en passant, il y a des gens qui viennent à une conférence sur la parentalité positive enfant admis, et qui sont gênés par un enfant qui bouge un peu ... Je ne comprends pas ça !

Quand on ne sait pas se concentrer, on n'a pas à en vouloir à un enfant sage !

Je suis arrivée quand elle parlait des relations dans une fratrie. Les parents pensent assez vite à de la jalousie entre les enfants, alors que leurs rapports sont bien plus complexes que cela. Et surtout, on n'y comprendra pas grand chose, sans connaître l'existence des neurones miroirs !

Je pense qu'elle les évoque dans "Au cœur des émotions de l'enfant", mais n'en ayant encore qu'un, cela ne m'a pas marquée. 

Il parait que les enfants ont dans leur cerveau des neurones miroirs qui leur font ressentir ce que l'autre ressent quand il joue avec tel jouet, c'est pour cette raison que le petit veut le jouet du grand, et quand il voit que le grand ne joue plus avec, il n'en a que faire ... Ce besoin de ressentir la sensation que l'autre ressent est aussi une recherche de lien. 

Evidemment, le grand lui n'a pas vraiment envie qu'on lui prenne son jouet, et surtout il n'a pas envie de se sentir ramené dans son plus jeune âge en voyant le petit l'imiter. 

C'est un processus contre lequel il ne peut rien, et un moteur d'apprentissage par imitation. L'idéal serait que le grand puisse lui aussi comprendre ce qui se passe, et s'y adapter. 

L'autre solution serait également que le parent aussi se mêle au jeu et donne une mission à chacun ! 

Quand un enfant perçoit un geste d'autrui comme une "attaque", son cerveau se met sous stress, il n'a alors que trois réactions possibles : attaquer à son tour, fuir, ou se figer. 
Pour éviter que le cerveau d'un enfant se mette sous stress, on peut veiller à ce qu'il dorme suffisamment, mange quand il a faim, ne soit pas dans un environnement surstimulant, ait son réservoir d'attachement toujours bien rempli, ce en lui consacrant 10 minutes de véritable attention tous les matins ...
Sur le moment quand on le voit "monter dans les tours" le seul moyen de juguler la crise est de lui donner une tâche à sa mesure, ainsi il se concentre dessus et oublie tout le reste. 

Dans les relations de fratrie, il ne faut pas négliger également la notion de territoire à protéger, les grands n'aiment pas qu'on pénètre dans leur univers, surtout si le petit n'a pas encore appris à respecter les objets, et si le grand sait déjà ranger et que le petit vient mettre du désordre, on peut comprendre que cela le mette sur les nerfs. 

La fratrie est donc le premier lieu où apprendre à un enfant à décrypter les besoins d'un plus petit ... et ce n'est pas chose aisée tous les jours ! Plus tôt il y parvient, plus grande sera son intelligence émotionnelle et c'est un grand atout pour son avenir ! 

Quand il parvient à détecter ce dont le petit a réellement besoin, lui laisser proposer des idées pour combler ce besoin, en suggérant des idées si cela lui échappe. 

J'ai bien aimé également les rappels qu'elle a fait sur l'attachement. 

La société véhicule que pour avoir des enfants bien élevés, il faut être un parent autoritaire et donc s'imposer, crier plus fort, ne pas céder jusqu'à se faire obéir. 

On oublie trop souvent que les parents ont une certaine autorité tout à fait naturelle sur les enfants, l'autorité liée à la compétence qui suscite leur émerveillement : t'as vu papa il est trop fort, il est capable de ... 

Bien souvent quand un parent dira que l'enfant brave l'autorité, c'est qu'en réalité on demande quelque d'inutile, d'injustifié ... qui ne tient ni à la sécurité, ni au bien-être de chacun. 

Il est bon de se demander pourquoi on veut imposer telle chose et si on y tient vraiment, il faudra chercher un moyen de susciter la collaboration de l'enfant au lieu d'y aller en force. 

Il est bon de tenir compte des limites intellectuelles des enfants quand on attend quelque chose d'eux : un enfant de 8 ans est capable de retenir 5 consignes courtes et simples, pas plus. En revanche cela est impossible à un enfant de 5 ans, si on souhaite qu'il réponde à 5 consignes, il faudra donner la première, puis attendre son ok pour passer à la suivante. A 5 ans, il ne comprend pas encore la formule "ne pas", toujours dire ce qu'il faut faire, où il faut rester de façon positive. 

En règle général, les êtres humains préfèrent se voir octroyer des permissions plutôt que de se heurter à des interdits, c'est aussi valable pour les enfants : "on marche sur le trottoir", sera toujours plus productif que : "on ne marche pas sur la route". On peut même risquer : "A pieds c'est sur le trottoir", "en voiture, c'est sur la route". 

Apparemment au début de la conférence, Isabelle Filliozat avait récolter des questions de parents dans une petite boîte, elle en sortait une de temps en temps, comme celle-ci : 

"Que faire avec un enfant d'un an qui veut être debout sur la table à langer ?"

A cet âge, il découvre la station debout, en plus de sécuriser la table à langer, il sera bon d'apprendre à changer la couche debout, c'est une autre technique, c'est tout à fait possible, adaptons-nous ... Lui donner quelque chose en main pour s'occuper fait aussi des miracles. 

(Le mien par exemple adore fourrer ma brosse à dent en bouche pendant que je le change, j'ai eu beau lui en acheter une belle à sa taille, non il préfère la mienne, au moins il reste bien gentiment couché et c'est quand même plus facile pour nettoyer les petites fesses quand il faut.) 

Donner des interdits, c'est susciter l'envie de les transgresser, à l'inverse si on donne des permissions, le cadre est clair mais l'enfant ne se sent pas restreint. 

Les enfants aiment les routines mais pas qu'on nie leur identité, leur besoin de s'affirmer. 

Pour l'enfant qui veut mettre les sandales alors qu'il pleut tellement qu'il faut mettre les bottes, il faudra être astucieux : "Alors aujourd'hui il fait quel temps ? " "Il pleut", "et qu'est-ce qu'on met quand il pleut pour ne pas être trempé ? " " les bottes". 

Instaurer des routines les rassurent, les enfants aiment les habitudes. 

"Que faire quand un enfant demande : dessine-moi un escargot tout de suite ? "

A 2 ans, on est dans le présent, il est peu probable que le dessin en lui-même soit vital pour l'enfant, en revanche, la demande peut cacher : un besoin d'attention, de reconnaissance, de tendresse. 

Quand l'enfant dit "j'ai faim", il n'a pas toujours nécessairement faim, mais il a compris que quand il dit "j'ai faim" on s'occupe de lui, c'est plus acceptable que de dire "je veux un calin". 

"Pourquoi mon enfant se met à me réclamer si je prend le téléphone, alors qu'il jouait bien calmement depuis 15 min? "

Le parent est la base de sécurité de l'enfant, un peu comme un porte-avion, pour voler, l'enfant-avion, a besoin de carburant : les marques d'attachement, l'attention qu'on lui donne. Dès qu'il voit que la piste d'atterrissage est occupée par quelqu'un d'autre, (au téléphone) il revient direct remplir son réservoir. Dans l'idéal, il faudrait à ce moment, faire une pause dans sa conversation pour lui dire quelque chose de gentil qui nourrit son réservoir, ainsi il peut repartir explorer le monde. 

Plus son réservoir d'attachement est rempli, plus il est disposé à explorer le monde et plus il est réceptif à ce qu'il découvre, mieux il apprend. 

Bien souvent quand un enfant fait une crise lorsqu'on lui refuse une chose qu'il demande, c'est qu'il ne veut pas vraiment cette chose, mais bien de l'attention, qu'on remplisse son réservoir presque vide. 

Quand le réservoir est vide, le cerveau de l'enfant est sous stress ce qui provoque les réactions décrites ci-dessous, il faut donc éviter le plus possible de laisser son cerveau se mettre sous stress. 

L'attachement est un besoin fondamental chez le nourrisson, au moins autant que la nourriture. Une expérience faite sur des parents montrent qu'on peut différencier les parents par rapport aux réactions de leurs cerveau quand leur enfant pleure. 

Les parents qui n'ont pas eu un lien d'attachement fort étant petits ont leur cerveau sous stress quand leur enfant pleure, ils cherchent à tout prix à ce qu'il se taise. 

Les parents qui ont eu un fort lien d'attachement petits ont leur cerveau qui se met en empathie quand leur enfant pleure. Ils lui ouvrent donc leur cœur pour recevoir ce qu'il a à exprimer. 

On ne peut pas changer le passé, et en même temps on peut prendre conscience, faire des choix, et si nécessaire, se faire aider par un professionnel. 

Sans avoir connu des traumatismes graves pendant l'enfance, je pense que la majorité des adultes d'aujourd'hui ont à guérir de leur enfance, parce qu'aucun parent n'est parfait, et que pendant des générations on a appliqué un violent dressage en lieu et place de l'éducation. A nous de faire différemment pour éviter à nos enfants de se retrouver adultes avec les carences que nous connaissons. 

Merci à Isabelle Filliozat de nous donner des outils dans ce sens. 

vendredi 30 mai 2014

Faut-il laisser tout faire aux enfants ?

Voici une question plus complexe qu'il n'y parait à laquelle j'ai moi aussi eu envie de réfléchir en lisant cet article : http://lesquestionscomposent.fr/eduquer-sans-punir/. 

Je cite : "Faut-il tout laisser faire aux enfants?

Oui et non. Je pense que dans la pratique, ce qu’on doit ou non laisser un enfant faire est une question extrêmement compliquée, et ce dès le début. Pour ma part j’essaie d’appliquer un principe simple qui est le suivant: à peu près tout est autorisé, excepté ce qui fait mal à soi ou aux autres. Ça parait simple comme ça mais en pratique, c’est relativement complexe. [...] La règle de ne pas faire mal à soi ou aux autres peut paraître très basique. Elle force en fait à se demander pourquoi telle chose que j’ai envie d’interdire devrait l’être, donc en quoi quelque chose me dérange dans la mesure où ça ne fait de mal à personne. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les parents ont tendance à interdire de nombreuses choses qui n’enfreignent pas cette règle. Par exemple détruire ses jouets, s’habiller d’une certaine façon, parler d’une certaine façon… Quand j’ai envie d’interdire quelque chose, mais que je n’ai pas de motif précis, ça me force à me demander quel est mon problème. Par exemple, ce qu’on va penser de moi en tant que parent peut m’amener à interdire des choses à mon enfant. Seulement, c’est mon problème, pas le sien…" 

J'ai trouvé ça très intéressant comme réflexe de me demander pourquoi j'aurais envie d'autoriser ou d'interdire quelque chose, cela ne devrait en effet pas être des automatismes sans fondements, sans utilité. Nos décisions quotidiennes dans l'éducation de nos enfants devraient avoir une cohérence globale, s'accorder avec nos valeurs et les besoins de tous. Si les valeurs devraient rester relativement stables et constantes, nos besoins peuvent varier au cours d'une même journée et peuvent différer d'un parent à l'autre, cela est très important. 

Si les parents devraient partager leurs valeurs, leurs besoins peuvent différer. Si leurs valeurs diffèrent, il faudra soit faire des compromis entre eux pour accepter que dans certaines circonstances ce soit la valeur de l'un ou de l'autre qui assoit un comportement, soit faire comprendre à l'enfant la différence d'opinion, un apprentissage intéressant, qui compliquera certainement un peu le quotidien. 

Alors laisser tout faire aux enfants sauf ce qui fait mal à soi ou aux autres ? 

Cela peut être un bon point de départ à mon sens, surtout si on élargit un peu le "faire mal" à "déranger", "mettre mal à l'aise", "ne pas respecter les besoins (de soi ou de l'autre)". 

Pour ma part, je souhaite aussi apprendre à mon fils le respect des objets. Je n'aime pas qu'on déchire les livres, je n'aime pas qu'on dégrade les objets en général. Causer une usure normale en utilisant un objet ne me pose aucun problème, démolir volontairement quelque chose d'utile me gène profondément, car j'ai horreur du gaspillage, quand on ne prend pas soin de ses affaires, on doit sans cesse en acheter de nouvelles et c'est inutilement coûteux. 

Sans parler du fait de peiner quelqu'un quand on démolit volontairement un objet auquel cette personne tient.  

Il reste qu'on est parfois très démuni quand il s'agit de faire respecter nos besoins par nos enfants. Hier soir j'étais fatiguée, et pas mon fils, résultat, je n'ai pas pu dormir avant que lui décide de dormir également, je me suis énervée, de façon tout à fait inefficace et au final je trouve ça déplorable de n'avoir pas trouvé une meilleure approche. D'un côté, je sais qu'il est encore petit, (presque 19 mois) et donc pas nécessairement capable de comprendre mes besoins, pourtant il a déjà compris mon besoin de sommeil quand il était beaucoup plus petit et que mon besoin était beaucoup plus vital qu'hier. De l'autre quand je lui demande quelque chose en étant très sérieuse un peu énervée, il rigole à pleine gorge, alors j'ai le réflexe de penser "il me nargue", alors qu'une autre voix en moi me dit : "mais non, il en est incapable, il y a une autre raison". D'ailleurs quand je me blesse accidentellement et que m'exprime ma douleur, il rit tout autant ... Visiblement, que je sois fâchée, ou que j'ai mal, je fais une tête inhabituelle qui le fait rire ... 

Et par ici quelques idées bien concrètes et pratiques : http://www.poule-pondeuse.fr/2011/05/18/eduquer-sans-punition-2/>

jeudi 3 avril 2014

Quel âge pour entrer à l'école ?

Dans l'idéal, je voudrais avoir le temps de faire les formations Montessori pour faire l'école à la maison. 

La deuxième solution serait d'avoir une bonne école réellement Montessori dans les environs. 

La troisième solution est une école plus classique, mais quand même à pédagogie active. 

Pour le moment, c'est cette dernière solution qui est à l'ordre du jour. Les autres possibilités étant pour le moment, matériellement hors d'atteinte.

Alors se posait la question du moment de l'entrée ... 

Notre petiot est né en novembre, donc à la fin de l'année, je suis plutôt à vouloir l'y mettre le plus tard possible, on a donc opté pour janvier 2016, il aura 3 ans et 2 mois. 

Comme je le disais sur le forum Magic Maman, tout ce que j'attends de l'école, c'est au minimum qu'on ne lui tue pas son plaisir d'apprendre, et qu'il ne soit pas dans un climat de violence et de maltraitance. Et comme je vois qu'il a déjà un caractère bien affirmé, je ne voudrais non plus que ce soit lui le petit caïd. 

L'école peut être un endroit agréable à partir du moment où : 

- les enseignants aiment leur métier
- les moyens financiers sont suffisants
- les classes ne comportent qu'une quinzaine d'enfants
- le matériel pédagogique est bien adapté
- les parents sont associés à certaines activités. 

Il y a des écoles "bisounours" ça existe encore, et en même temps, on peut déplorer que ce soit de plus en plus rare ! Il y a même des enfants qui ne trouvent pas d'écoles maternelles à Bruxelles !

Je ne comprends pas comment c'est possible ... mais il semblerait que certains parents qui ont aussi une vie professionnelle avec des horaires contraignants ne soient pas capable de traverser toute la ville pour les déposer dans la seule école où on leur aura trouvé une place !

Dans le ligueur, une interview relatait combien les administrations cafouillent quand on veut ouvrir un nouvel établissement scolaire tellement c'est devenu rare, alors que les besoins sont criants ! 

La Belgique est le pays du surréalisme, en voici un nouvel exemple ! 

mercredi 2 avril 2014

La chaise évolutive Tripp Trapp de Stokke



Déjà pendant la grossesse, j'ai voulu faire une liste de cadeaux de naissance qui contiendrait des choses vraiment utiles, et durables, autrement dit à utiliser longtemps.

Je pense que de tous les achats, celui qui servira le plus longtemps, c'est bien la chaise évolutive Stokke.

Petit bout a commencé à aller dedans un peu avant ses 6 mois. Il y a de cela une semaine, j'ai enlevé la protection en plastique car il sait très bien sortir de sa chaise, même avec !

Sur le mode d'emploi, ils conseillent de le garder jusqu'à 3 ans. Et en même temps, vu que nous préférons qu'il apprenne à se débrouiller seul dès qu'il se sent prêt, j'ai décidé de faire le test.

La chaise peut s'habiller d'un coussin et se lave facilement.

Et miracle, hier je l'ai vu monter sur sa chaise et s'y asseoir confortablement tout seul, et de sa propre volonté. Après, évidemment il a continué son ascension pour s'installer sur la table de la cuisine. Il a joué tranquillement pendant une bonne vingtaine de minutes.

C'est passionnant à voir ! Son comportement habituel, et spontanné, nous conforte tous les jours de la justesse des principes de Maria Montessori qui défend l'idée selon laquelle les enfants, très petits sont capables d'une énorme concentration !

Pour ce qui est de ses autres pas vers l'indépendance, à 17 mois, il est capable d'enlever son pull, de le mettre dans le panier à linge, il prend aussi le balais, il le pousse, mais n'a pas encore bien compris comment cela s'utilisait, il sait que quand on renverse, il faut passer l'éponge. Il boit à la paille. Il participe à la vaisselle.



Nos enfants et les écrans


Il y en a pour qui les tablettes et autres écrans sont une révolution dans la vie de nos enfants. 

Je n'en fais pas partie. Les ordinateurs, il est vrai, sont utiles et parfois terriblement ludiques.

Il n'empêche, qu'il y a certaines précautions à prendre. Pour moi, les touts-petits n'en ont pas besoin, ils ont besoin d'objets réels et d'attention d'une personne en chair et en os. 

La campagne des autorités belges donne des repères intéressants à ce sujet. 

Pas de télévision avant 3 ans.

Pas de jeux vidéos avant 6 ans. 

Pas d'internet avant 9 ans. 

Pas de réseaux sociaux avant 12 ans.

Voici les affiches de la campagne :
http://www.yapaka.be/sites/yapaka.be/files/campagne/affiche_ecrans_web_2.pdf

C'est du bon sens. Et j'ajouterais que l'ordinateur avec internet devrait être dans le salon, ou dans une autre pièce où il y a du passage. 

Quant aux réseaux sociaux, c'est dangereux, et inutile la plupart du temps. Si un enfant veut vraiment y avoir un compte, il faudrait que les parents puissent surveiller régulièrement ce qui s'y passe, et parlent souvent des choses à mettre et à ne pas mettre dessus. 

La réputation virtuelle devrait recevoir le même soin que la réputation dans la vie réelle. 
Car avec facebook, rien ne disparait tout à fait, rien ne s'oublie ... malheureusement ! 

Ces réseaux sociaux ont ajouté un nouveau lieu pour les moqueries. On sait depuis longtemps que les cours de récréations ne sont pas tendres avec ceux qui sont un peu différents pour quelque raison que ce soit.

Aujourd'hui les jeunes, leurs parents, et les établissements scolaires sont confrontés à ce problème qui prend une plus grande ampleur, car les insultes ne s'arrêtent pas une fois l'école fermée, cela continue sur internet. Le jeune peut alors se retrouver complètement harcelé, poursuivi jusque dans sa chambre, sans plus le moindre refuge.

Certains en étaient tellement désespérés qu'ils ont commis l'irréparable.

Oui internet est un bon outil, à condition de savoir l'utiliser, de poser les balises et de ne pas laisser les jeunes seuls face aux risques et autres difficultés.

Les parents ont un rôle à jouer, et l'école aussi, un rôle de formation et de soutien.