lundi 9 juin 2014

Conférence d'Isabelle Filliozat à St Gilles


Ce 8 mai est une date que j'avais assignée dans mon agenda, des mois à l'avance ! 

Et oui, j'avais même payé la réservation d'avance pour être sûre qu'on y soit ! Chéri a eu un autre projet en dernière minute, je suis arrivée en retard, mais quand même, le petit et moi étions là. 

Soit dit en passant, il y a des gens qui viennent à une conférence sur la parentalité positive enfant admis, et qui sont gênés par un enfant qui bouge un peu ... Je ne comprends pas ça !

Quand on ne sait pas se concentrer, on n'a pas à en vouloir à un enfant sage !

Je suis arrivée quand elle parlait des relations dans une fratrie. Les parents pensent assez vite à de la jalousie entre les enfants, alors que leurs rapports sont bien plus complexes que cela. Et surtout, on n'y comprendra pas grand chose, sans connaître l'existence des neurones miroirs !

Je pense qu'elle les évoque dans "Au cœur des émotions de l'enfant", mais n'en ayant encore qu'un, cela ne m'a pas marquée. 

Il parait que les enfants ont dans leur cerveau des neurones miroirs qui leur font ressentir ce que l'autre ressent quand il joue avec tel jouet, c'est pour cette raison que le petit veut le jouet du grand, et quand il voit que le grand ne joue plus avec, il n'en a que faire ... Ce besoin de ressentir la sensation que l'autre ressent est aussi une recherche de lien. 

Evidemment, le grand lui n'a pas vraiment envie qu'on lui prenne son jouet, et surtout il n'a pas envie de se sentir ramené dans son plus jeune âge en voyant le petit l'imiter. 

C'est un processus contre lequel il ne peut rien, et un moteur d'apprentissage par imitation. L'idéal serait que le grand puisse lui aussi comprendre ce qui se passe, et s'y adapter. 

L'autre solution serait également que le parent aussi se mêle au jeu et donne une mission à chacun ! 

Quand un enfant perçoit un geste d'autrui comme une "attaque", son cerveau se met sous stress, il n'a alors que trois réactions possibles : attaquer à son tour, fuir, ou se figer. 
Pour éviter que le cerveau d'un enfant se mette sous stress, on peut veiller à ce qu'il dorme suffisamment, mange quand il a faim, ne soit pas dans un environnement surstimulant, ait son réservoir d'attachement toujours bien rempli, ce en lui consacrant 10 minutes de véritable attention tous les matins ...
Sur le moment quand on le voit "monter dans les tours" le seul moyen de juguler la crise est de lui donner une tâche à sa mesure, ainsi il se concentre dessus et oublie tout le reste. 

Dans les relations de fratrie, il ne faut pas négliger également la notion de territoire à protéger, les grands n'aiment pas qu'on pénètre dans leur univers, surtout si le petit n'a pas encore appris à respecter les objets, et si le grand sait déjà ranger et que le petit vient mettre du désordre, on peut comprendre que cela le mette sur les nerfs. 

La fratrie est donc le premier lieu où apprendre à un enfant à décrypter les besoins d'un plus petit ... et ce n'est pas chose aisée tous les jours ! Plus tôt il y parvient, plus grande sera son intelligence émotionnelle et c'est un grand atout pour son avenir ! 

Quand il parvient à détecter ce dont le petit a réellement besoin, lui laisser proposer des idées pour combler ce besoin, en suggérant des idées si cela lui échappe. 

J'ai bien aimé également les rappels qu'elle a fait sur l'attachement. 

La société véhicule que pour avoir des enfants bien élevés, il faut être un parent autoritaire et donc s'imposer, crier plus fort, ne pas céder jusqu'à se faire obéir. 

On oublie trop souvent que les parents ont une certaine autorité tout à fait naturelle sur les enfants, l'autorité liée à la compétence qui suscite leur émerveillement : t'as vu papa il est trop fort, il est capable de ... 

Bien souvent quand un parent dira que l'enfant brave l'autorité, c'est qu'en réalité on demande quelque d'inutile, d'injustifié ... qui ne tient ni à la sécurité, ni au bien-être de chacun. 

Il est bon de se demander pourquoi on veut imposer telle chose et si on y tient vraiment, il faudra chercher un moyen de susciter la collaboration de l'enfant au lieu d'y aller en force. 

Il est bon de tenir compte des limites intellectuelles des enfants quand on attend quelque chose d'eux : un enfant de 8 ans est capable de retenir 5 consignes courtes et simples, pas plus. En revanche cela est impossible à un enfant de 5 ans, si on souhaite qu'il réponde à 5 consignes, il faudra donner la première, puis attendre son ok pour passer à la suivante. A 5 ans, il ne comprend pas encore la formule "ne pas", toujours dire ce qu'il faut faire, où il faut rester de façon positive. 

En règle général, les êtres humains préfèrent se voir octroyer des permissions plutôt que de se heurter à des interdits, c'est aussi valable pour les enfants : "on marche sur le trottoir", sera toujours plus productif que : "on ne marche pas sur la route". On peut même risquer : "A pieds c'est sur le trottoir", "en voiture, c'est sur la route". 

Apparemment au début de la conférence, Isabelle Filliozat avait récolter des questions de parents dans une petite boîte, elle en sortait une de temps en temps, comme celle-ci : 

"Que faire avec un enfant d'un an qui veut être debout sur la table à langer ?"

A cet âge, il découvre la station debout, en plus de sécuriser la table à langer, il sera bon d'apprendre à changer la couche debout, c'est une autre technique, c'est tout à fait possible, adaptons-nous ... Lui donner quelque chose en main pour s'occuper fait aussi des miracles. 

(Le mien par exemple adore fourrer ma brosse à dent en bouche pendant que je le change, j'ai eu beau lui en acheter une belle à sa taille, non il préfère la mienne, au moins il reste bien gentiment couché et c'est quand même plus facile pour nettoyer les petites fesses quand il faut.) 

Donner des interdits, c'est susciter l'envie de les transgresser, à l'inverse si on donne des permissions, le cadre est clair mais l'enfant ne se sent pas restreint. 

Les enfants aiment les routines mais pas qu'on nie leur identité, leur besoin de s'affirmer. 

Pour l'enfant qui veut mettre les sandales alors qu'il pleut tellement qu'il faut mettre les bottes, il faudra être astucieux : "Alors aujourd'hui il fait quel temps ? " "Il pleut", "et qu'est-ce qu'on met quand il pleut pour ne pas être trempé ? " " les bottes". 

Instaurer des routines les rassurent, les enfants aiment les habitudes. 

"Que faire quand un enfant demande : dessine-moi un escargot tout de suite ? "

A 2 ans, on est dans le présent, il est peu probable que le dessin en lui-même soit vital pour l'enfant, en revanche, la demande peut cacher : un besoin d'attention, de reconnaissance, de tendresse. 

Quand l'enfant dit "j'ai faim", il n'a pas toujours nécessairement faim, mais il a compris que quand il dit "j'ai faim" on s'occupe de lui, c'est plus acceptable que de dire "je veux un calin". 

"Pourquoi mon enfant se met à me réclamer si je prend le téléphone, alors qu'il jouait bien calmement depuis 15 min? "

Le parent est la base de sécurité de l'enfant, un peu comme un porte-avion, pour voler, l'enfant-avion, a besoin de carburant : les marques d'attachement, l'attention qu'on lui donne. Dès qu'il voit que la piste d'atterrissage est occupée par quelqu'un d'autre, (au téléphone) il revient direct remplir son réservoir. Dans l'idéal, il faudrait à ce moment, faire une pause dans sa conversation pour lui dire quelque chose de gentil qui nourrit son réservoir, ainsi il peut repartir explorer le monde. 

Plus son réservoir d'attachement est rempli, plus il est disposé à explorer le monde et plus il est réceptif à ce qu'il découvre, mieux il apprend. 

Bien souvent quand un enfant fait une crise lorsqu'on lui refuse une chose qu'il demande, c'est qu'il ne veut pas vraiment cette chose, mais bien de l'attention, qu'on remplisse son réservoir presque vide. 

Quand le réservoir est vide, le cerveau de l'enfant est sous stress ce qui provoque les réactions décrites ci-dessous, il faut donc éviter le plus possible de laisser son cerveau se mettre sous stress. 

L'attachement est un besoin fondamental chez le nourrisson, au moins autant que la nourriture. Une expérience faite sur des parents montrent qu'on peut différencier les parents par rapport aux réactions de leurs cerveau quand leur enfant pleure. 

Les parents qui n'ont pas eu un lien d'attachement fort étant petits ont leur cerveau sous stress quand leur enfant pleure, ils cherchent à tout prix à ce qu'il se taise. 

Les parents qui ont eu un fort lien d'attachement petits ont leur cerveau qui se met en empathie quand leur enfant pleure. Ils lui ouvrent donc leur cœur pour recevoir ce qu'il a à exprimer. 

On ne peut pas changer le passé, et en même temps on peut prendre conscience, faire des choix, et si nécessaire, se faire aider par un professionnel. 

Sans avoir connu des traumatismes graves pendant l'enfance, je pense que la majorité des adultes d'aujourd'hui ont à guérir de leur enfance, parce qu'aucun parent n'est parfait, et que pendant des générations on a appliqué un violent dressage en lieu et place de l'éducation. A nous de faire différemment pour éviter à nos enfants de se retrouver adultes avec les carences que nous connaissons. 

Merci à Isabelle Filliozat de nous donner des outils dans ce sens. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire